Publié le 19 mai 2012

Une bonne fessée!

J'ai 67 ans et encore au travail par choix et aussi parce que je n'ai pas de... (Photothèque Le Soleil)
PHOTOTHÈQUE LE SOLEIL

Le Soleil

J'ai 67 ans et encore au travail par choix et aussi parce que je n'ai pas de fonds de pension public ou privé. Je fais partie de la majorité silencieuse et je m'exprime très rarement en public. En passant, j'ai quatre enfants qui ont tous complété une formation universitaire pour lesquels mon épouse et moi avons défrayé tous les frais sans aucune aide de l'État. Bien entendu, il a fallu pour cela faire des choix.

Je désapprouve profondément le manque de jugement de plusieurs médias, journalistes et dirigeants de nos institutions scolaires dans ce que l'on appelle la grève étudiante. Comment en est-on arrivé à glorifier des jeunes qui contreviennent aux lois et qui nuisent aux travailleurs qui triment dur pour boucler leurs fins de mois? Comment en est-on arrivé à ce que les médias, les journalistes, les syndicats, les enseignants et plusieurs artistes se faire les résonateurs d'étudiants qui n'ont pas encore réussi après des mois à définir exactement ce qu'ils veulent et qui ne se sont pas donné de structure permettant pour négocier en leur nom. Ils n'ont pas de représentants mais seulement des porte-parole qui s'expriment au goût du jour. On change les demandes avec le temps. On veut réformer la société, faire un monde plus juste, plus démocratique. Pour cela, on peut tout faire, se foutre des autres étudiants (les deux tiers...) et des injonctions leur permettant de retourner aux études. On brise, on casse. On s'en prend aux biens des autres. On n'a pas les moyens d'une hausse mais on a les moyens de faire ce qu'ils font depuis des mois.

Loin de moi de faire l'éloge du Parti libéral car je ne vote pas pour ce parti depuis des décennies. Loin de moi aussi l'intention de voter dorénavant pour le Parti québécois de Mme Marois qui démontre lui aussi un manque flagrant de jugement tout comme celui de M. Khadir. Comment des partis démocratiques (semble-t-il) peuvent être aussi aveuglés par leur désir de prendre le pouvoir qu'ils appuient sans réserve les gestes qui sont posés depuis des mois? Comment pourront-ils prétendre éventuellement au respect des lois qu'ils proposeront? Comment peuvent-ils se ranger sans réserve derrière ces jeunes plus ou moins adultes qui ne représentent qu'une partie des étudiants et qui n'ont pas le respect des autres? Comment les journalistes que l'on voit quotidiennement à la télévision en sont venus à ne considérer qu'une partie de l'équation?

Je déplore au plus haut les artistes qui eux aussi font l'éloge des casseurs qui courent les rues de Montréal et les encouragent à continuer. Y a-t-il des adultes sensés qui font partie de nos médias ou de nos artistes capables de faire la part des choses? Est-il possible d'offrir la même couverture médiatique à ceux qui sont pour le respect des lois et du public? À ceux qui veulent étudier? Au 60% et plus de la population qui en a marre de ces jeunes qui s'amusent dans les rues alors que plusieurs millions de Québécois doivent travailler pour défrayer leurs études et les services dont ils abusent si allègrement?

En terminant, je suis en faveur d'une plus grande sévérité à l'endroit de ces gens qui sont encore dans bien des cas des enfants. Le représentant de la Fédération étudiante des cégeps demandait au premier ministre d'agir en bon père de famille; une bonne fessée serait nécessaire et la mise en punition dans le coin pour les prochains mois est tout à fait justifiée.

En espérant que les journalistes et les médias fassent preuve à partir de maintenant d'un meilleur jugement, je vous remercie de m'avoir donné la chance de m'exprimer.

André Belley, Québec