L’équilibre travail-études est essentiel à la réussite scolaire

Le travail rémunéré ne doit pas compromettre les études

Pierre Lussier
Le Messager

Le projet «Équi T-É» a été développé d’abord dans les Laurentides. Puis, de fil en aiguille d’autres milieux, dont l’école secondaire Mgr-Richard (ÉSMR), l’ont adopté. Il s’agit en fait de réduire les impacts négatifs du travail rémunéré des jeunes pendant leurs études afin d’assurer leur réussite scolaire.

On voit partout des jeunes, derrière le comptoir d’un dépanneur, aux caisses dans une épicerie ou une pharmacie, et parfois au guichet d’un établissement de restauration rapide. «Face à la présence croissante des jeunes au travail, nous nous préoccupons des impacts sur la réussite éducative de nos élèves», a expliqué Richard Guillemette, directeur de l’ÉSMR, lors du lancement du projet mardi dernier. C'est dans ce contexte qu'est né le projet «Équi T-É» à Verdun. En fait, cette démarche a pour objectif de promouvoir les attitudes et les comportements favorables à la réussite éducative et à la persévérance scolaire chez les jeunes qui ont un emploi pendant leurs études. Le spectre de l’abandon scolaire n’est pas étranger à cette initiative menée par le Carrefour Jeunesse-Emploi de Verdun (CJE) et l’ÉSMR. Loin d'empêcher les élèves d'occuper un emploi à temps partiel, le projet souhaite simplement arriver à une meilleure conciliation travail-études. «Ensemble, nous nous devons de veiller à ce que le travail pendant les études contribue à leur réussite», précise Nicole Lemire, directrice générale du CJE.

Simon Van Vliet, agent de développement du projet au CJE Verdun, a énuméré les différentes raisons qui incitent les étudiants à se trouver un emploi rémunéré. Chez quelques élèves, il y a un argument de nécessité pour aider la famille. Pour d'autres c'est une volonté d'acquérir de l' autonomie, d'aller chercher de l'expérience ou carrément dans le but de se procurer des biens quand l'argent de poche reçu des parents, ne suffit pas pour des achats de I Pod, d'ordinateurs ou de voyages. Pour Simon Van Vliet, le nombre raisonnable d'heures de travail se situe entre 10 et 15 heures, au-delà on perçoit une propension à décrocher. Deux élèves ont témoigné de leur expérience. Ariane Villemaire a 17 ans, elle travaille depuis l'âge de 15 ans pour se payer des loisirs, un téléphone cellulaire, et pour son projet de voyage en Europe. Ariane est en Secondaire V. Pour sa part, Yves Daniel Vasquez 19 ans, a commencé à travailler à l'âge de 15 ans, il consacre 25 heures et il affirme aider sa mère et son frère et il n'a pas nié que son travail avait pu nuire à ses études

Mobilisation dans la communauté

«L'équité, j'en fais depuis des années», a confié le pharmacien Jacques Gendron, propriétaire de la Pharmacie Jean-Coutu de L'Île-des-Soeurs. Témoignant de son expérience lors du lancement du projet, le pharmacien a expliqué qu'il faisait remplir des feuilles de disponibilité aux jeunes en tenant compte des exigences du calendrier scolaire. Pour lui, «le travail bien dosé fait le pont entre l'école et le monde du travail». La sensibilisation des jeunes et du milieu verdunois aux enjeux de la conciliation travail-études, est au coeur du projet «Équi T-É». On souhaite amener les employeurs qui embauchent des jeunes, à signer un engagement, les invitant à se préoccuper davantage de la réussite scolaire de leurs jeunes employés. Le projet veut aussi rejoindre les professionnels de la santé et des services sociaux qui donnent des rendez-vous aux jeunes sans tenir compte de leur horaire de cours. On parle des médecins, des dentistes, des optométristes, psychologues et autres. La mobilisation est donc amorcée et la conciliation travail-études constitue plus que jamais une priorité dans Verdun.

(Alain Laroche, commissaire au développement local a signé son engagement comme plusieurs gens d’affaires soucieux de la réussite scolaire des jeunes.)

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